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Retour sur la conférence de l’EGE "Décryptage de l’affaire Ghosn" dans la Revue Marianne

vendredi, 24 mai 2019 Imprimer


A l’issu de la conférence consacrée à l’affaire Ghosn le 9 avril 2019 à l’EGE, la revue Marianne publie un entretien avec le directeur de l'Ecole de Guerre Economique, Christian Harbulot, spécialiste des stratégies de puissance, qui voit dans l'affaire Ghosn le révélateur d'une impuissance française à défendre ses intérêts.

Marianne : Vous replacez l’affaire Carlos Ghosn dans l’histoire industrielle du Japon et plus particulièrement celle de Nissan ?

Christian Harbulot : Pour comprendre le fond de l’affaire, il faut faire un zoom arrière. Il semblerait qu’à l’origine une bonne partie de la production de Nissan ait été déplacée dans l’état du Mandchoukouo (contrôlé par l’Empire du Japon en Mandchourie, ndlr) dans les années 30, profitant ainsi d’un cadre de très forte croissance. Et en lien étroit avec l’effort de guerre japonais. En d’autres termes, Nissan participait à une économie de la puissance conduite par l'Empire. Après la fin de la guerre, une partie des hauts cadres du Mandchoukouo (disparu en 1945, ndlr) ont intégré le fameux MITI (ministère du Commerce extérieur et de l’Industrie, crée en 1949) dont le rôle aura été structurant dans l’économie japonaise jusqu’en gros la fin des années 80. Le MITI est un fil conducteur essentiel pour comprendre comment les Japonais ont tenté de retrouver une marge de manœuvre face aux Américains et aux Européens. Dans le domaine diplomatique, ce n’était pas possible et une éventuelle remilitarisation leur était strictement interdite. Leur marge de manœuvre pour reconquérir une puissance perdue c’était l’économie, et Nissan en était une des fortes expressions. A partir de là, il y a eu une volonté des Américains et des Européens de freiner l’expansionnisme japonais. Après la crise de 1990, il n’était question que du recul de leur économie, de la fin d'un cycle de croissance.

Marianne :  Mais en imposant l’alliance avec Renault en 1999, Carlos Ghosn a remis en selle Nissan qui se portait très mal…

Christian Harbulot : Certes, mais le redressement s’est fait au prix de très nombreux licenciements au Japon. C’est un premier point qui a son importance. Nissan est redevenu un groupe performant, qui compte dans le paysage japonais alors que Renault était une caricature de la grenouille qui veut s’offrir le bœuf.
"A partir de 2012, le Japon est dirigé par un Premier ministre nationaliste, Shinzo Abe qui dit vouloir rendre sa fierté au pays et relancer une dynamique au sommet de l'Etat."

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