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Christian Harbulot décrypte pour Atlantico la stratégie de la Chine pour projeter sa puissance

vendredi, 12 juin 2015, Imprimer

Christian Harbulot décrypte pour Atlantico la stratégie de la Chine pour projeter sa puissance

Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de Guerre Economique et expert international en intelligence économique, décrypte pour Atlantico la discrète mais redoutable stratégie de la Chine pour projeter sa puissance sur les 5 continents.

La Chine a récemment dévoilé son étude de faisabilité du réseau ferroviaire qui connectera l'Atlantique au Pacifique. Un investissement colossal qui, en plus de faciliter le transport de marchandises, s'inscrit dans une stratégie de développement d'une puissance multidimensionnelle.

Atlantico : Globalement, comment peut-on décrire l'organisation chinoise de sa puissance? De quoi s'inspire-t-elle et comment cette dernière peut-elle être mise en oeuvre?

Christian Harbulot : Pour comprendre la mutation de la Chine, il est nécessaire de s’interroger sur des exemples antérieurs qui lui ont peut-être servi, non pas de modèle mais, de cas d’école pour trouver des solutions à la question centrale : "Comment combler un retard économique corrélatif à un déficit de puissance ?". La Chine a pris exemple sur le Japon. Pour éviter de se faire coloniser par les puissances occidentales, le Japon a initié une politique de réformes. Affaibli par des siècles de repli sur lui-même, l’empire du Soleil Levant dut relever plusieurs défis :

  • l’élaboration d’une infrastructure industrielle et portuaire nécessaire à la modernisation de son armée et de sa marine,
  • la mutation de l’organisation de la société (revalorisation du rôle des marchands par rapport au monde paysan),
  • la création d’une sphère d’influence en Asie.

Pour atteindre cet objectif, le Japon devait combler son retard dans la plupart des domaines industriels. Le rattrapage n’était possible qu’en opérant des raccourcis. Les priorités d’intérêt national (marine, ports, industries de défense) nécessaires à la préservation de l’indépendance nécessitaient une remise à niveau rapide des connaissances par rapport aux nations les plus avancées et constituant une menace potentielle.

Le rattrapage des économies occidentales a été possible grâce à ce qu’il est convenu d’appeler une pratique du raccourci, c’est-à-dire en assimilant le niveau le plus élevé de la connaissance technique développé des pays en cours d’industrialisation. En recourant à ce stratagème, le Japon ne faisait que reproduire une démarche initiée en Occident au début des révolutions industrielles, soit pour remettre à niveau des manufactures, soit pour briser un lien de dépendance.

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