Vignette Etude Les fonds souverains 2026

Etude - Les fonds souverains et le patriotisme économique

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Aux temps des crises pétrolières – qui demeurent d’une actualité criante – le mot d’ordre avait été « on n’a pas de pétrole mais on a des idées ». Autrement dit, faute de disposer de ressources énergétiques propres, il fallait trouver d’autres modes d’approvisionnements stratégique pour enrayer l’inflation des hydrocarbures et changer les comportements. L’Etat stratège a su miser sur la technologie de l’atome pour éviter de s’exposer à l’avenir aux soubresauts des crises géopolitiques du Moyen-Orient.
Framatome, Areva, EDF, et d’autres entreprises d’Etat en furent le bras armé.

Mais comme l’affirmât le général De Gaulle : « Nous ne pouvons avoir une politique indépendante et une défense indépendante, si nous n’avons pas une économie indépendante et des finances saines. C’est la condition sine qua non de l’indépendance nationale. » (Cité par Alain Peyrefitte, C’était De Gaulle, tome 1, Editions de Fallois/Fayard, 1994).

Or, depuis 1974, la France n’a plus adopté de budget bénéficiaire. Et elle n’a pas su capitaliser sur ses ressources financières sagement investies et accumulées lors du redressement national et industriel de la période Gaullo-Pompidolienne. Or, « quand la bise fut venue, elle se trouva fort dépourvue » comme sût si bien le dire Jean de La Fontaine.

Tandis que l’Etat providence avait puisé dans les trésoreries de ses entreprises publiques, les autres pays du monde avait su investir et faire fructifier leurs capitaux dans des fonds ad hoc, tirant de juteux bénéfices qui leur permettaient tantôt de faire face aux périodes de disette financière, tantôt de financer leurs propres besoins sociaux.

Il fallut la clairvoyance d’un député ayant prôné le patriotisme économique, Bernard CARAYON, pour soutenir et favoriser la création d’un Fonds Stratégique d’investissement (FSI), créé en 2009, destiné à financer l’innovation française et renforcer les capitaux propres des entreprises d’avenir. Hélas, ce fonds n’aura pas survécu à l’alternance politique et a été absorbé dans le cadre de la création de la Banque Publique d’Investissements (BPI, 2012), qui a perdu de vue tout intérêt stratégique.

Dès lors, nous pouvons voter des lois Florange (2014) pour la reprise d’industrie, instaurer un régime de contrôle des investissements étrangers en France pour prétendre défendre les intérêts stratégiques ou se plaindre de délocalisations et de perte de savoir-faire sur le territoire français, le financement fera toujours défaut, malgré la volonté affichée. Comme le disait Vladimir Ilich Oulianov dit Lénine : « là où il y a de la volonté, il y a un chemin ». Peut-être que la volonté n’est pas suffisamment affirmée …

Toute la valeur de ce mémoire de grande qualité repose sur la définition et l’analyse comparée des fonds souverains, dont les buts assignés ne sont pas toujours aussi pacifiques qu’ils le prétendent. Ils restent et demeurent des outils de la guerre économique et de souveraineté nationale, quand ils ne pourvoient pas à alimenter le budget d’un Etat et son indépendance.

Voilà un bel exercice qui doit servir de leçon. Et que nos étudiants du MBA Stratégie et intelligence économique ont parfaitement retenue et restituée.

Olivier de MAISON ROUGE
Docteur en droit
Avocat associé CESIS
Directeur pédagogique des programmes intelligence juridique de l'EGE

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