C’est une nouvelle étape majeure pour l’École de Guerre Économique (EGE). Le général (2S) Jean-Claude Gallet prend officiellement la direction de l’école, après un parcours marqué par des responsabilités de premier plan au sein de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, dans les sphères du renseignement, puis au sein du Groupe Michelin, où il occupait récemment les fonctions de directeur corporate anticipation, prévention et protection. Il succède à Christian Harbulot, fondateur de l’établissement, crée en 1997, et pionnier de l’intelligence économique en France, qui part à la retraite après avoir dirigé l’école pendant près de trente ans.
Le Général (2S) Gallet, serviteur de l’État forgé par les crises
Formé à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion Cadets de la France Libre 1985/1988), le général (2S) Jean-Claude Gallet a un parcours singulier au croisement du renseignement, de la gestion de crises majeures et de la protection des intérêts stratégiques français. Trois vies professionnelles distinctes, mais profondément complémentaires, qui ont façonné une vision globale des enjeux de guerre économique liés aux interactions géopolitiques.
La première s’écrit au cœur du renseignement extérieur français. Dès 1996, il rejoint les services de renseignements extérieurs où il est affecté au sein d’un secteur géographique. Au fil de ses missions, il est confronté à plusieurs théâtres de crises majeurs. Cette expérience de terrain le conduit ensuite à exercer des responsabilités stratégiques en tant que chef du service géopolitique et participe également à la remontée en puissance du contre-espionnage. .
Son autre parcours est intimement lié à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, où en tant que Général Commandant, il alterne responsabilités de terrain et planification stratégique. Il s’est ainsi retrouvé en première ligne lors des crises les plus marquantes de la dernière décennie. Dans ces moments d’exception, sa mission dépasse largement la gestion de l’urgence. Il agit dans le but de limiter les répercussions de la crise et de coordonner, dans un même mouvement, expertise technique, décision politique et communication publique.
La troisième étape de son parcours le conduit au sein du groupe Michelin, où il occupe les fonctions de directeur corporate anticipation prévention protection. Direction qui comprend les entités en charge de la cyber, de la sûreté, de la sécurité internationale, de la sécurité incendie, de la santé, hygiène et toxicologie et bien sûr de l’intelligence économique. Il y développe les capacités d’anticipation et de résilience du groupe dans un contexte marqué par l’intensification de la concurrence mondiale et le retour des tensions géopolitiques. Cette expérience renforce une conviction qui guide aujourd’hui sa réflexion : les grandes entreprises doivent être considérées comme de véritables infrastructures stratégiques. Car dans un monde où les rapports de force économique se durcissent, les attaques visant les États passent souvent par la fragilisation de leurs capacités industrielles et économiques.
Renforcer une empreinte plus opérationnelle au sein de l’EGE
« Aujourd’hui, en France, malgré l’excellence de nos ingénieurs, nous accusons près de vingt-cinq ans de retard dans le management de l’innovation » souligne Christian Harbulot, directeur sortant de l’École de Guerre Économique (EGE). Selon lui, un des défis à relever consiste à rapprocher des univers qui continuent trop souvent à évoluer en parallèle. « Il existe un besoin impérieux de former des profils capables de créer des passerelles entre les sciences humaines et sociales, d’une part, et les disciplines de l’ingénierie, d’autre part. Cette volonté de bâtir un véritable accélérateur entre ces mondes est l’une des raisons qui a conduit Jean-Claude Gallet à accepter cette mission », poursuit-il.
Avec plus de 400 étudiants répartis au sein de douze formations, l’EGE s’est imposée comme un acteur important dans la production de savoir autour de la guerre économique et guerre de l’information. Les rapports publiés reposent à la fois sur les travaux de son centre de recherche, créé en 2021, et sur des projets menés par les étudiants sur des problématiques concrètes, en lien direct avec des entreprises et des institutions publiques.
Cette approche résolument opérationnelle constitue l’un des axes que Jean-Claude Gallet entend renforcer. Pour lui, la confrontation permanente à des cas réels est la meilleure manière d’adapter les formations aux mutations rapides du monde contemporain, qu’il s’agisse des nouvelles formes de compétition économique, des guerres informationnelles ou des bouleversements technologiques.
« Dans la continuité des actions engagées par Christian Harbulot, je souhaite faire de l’EGE, un acteur toujours plus engagé au service des organisations confrontées à un environnement devenu plus complexe, plus incertain et plus conflictuel » exprime le Général (2S) Jean-Claude Gallet. Une ambition qui passe par la formation de jeunes via la formation initiale, mais aussi par les professionnels déjà en poste à travers les programmes de formation continue et exécutive. « L’objectif est de former une nouvelle génération d’experts capables de faire dialoguer des univers qui s’ignorent encore trop souvent et de décloisonner les organisations. Des profils aptes à créer du lien entre ingénieurs, décideurs publics, industriels, experts du renseignement ou spécialistes des sciences humaines afin de répondre aux défis stratégiques du XXIe siècle » ajoute le nouveau directeur de l’école.
« L’EGE a une mission essentielle à remplir dans la France d’aujourd’hui. Pour la poursuivre et l’amplifier, il fallait une personnalité capable de fédérer, de rassurer et de faire dialoguer des acteurs aux cultures très différentes. Jean-Claude Gallet possède précisément cette capacité », conclut Christian Harbulot.
