Guerre informationnelle autour des boissons alcoolisées

Les lobbies de l’alcool sont confrontés à un consensus scientifique grandissant qui pourrait inciter le gouvernement français à prendre des mesures de contrôle plus fortes sur la consommation de l’alcool. 

Depuis plus de 30 ans, la France est sujette à un bras de fer entre le lobby alcoolier, en particulier viticole, et les professionnels de la santé et de l’addictologie. Les premiers qui souhaitent développer la vente de leur produits et les seconds qui souhaitent protéger la population et l'État des dommages collatéraux sur la santé de la consommation des produits alcoolisés. Les preuves scientifiques s’accumulent et le constat que l’alcool est nocif dès le premier verre devient de plus en plus tangible parmi les spécialistes de la santé.

De son côté, l’industrie enracine la consommation de son produit dans la culture du pays et dans l’aspect stratégique de son industrie pour l’économie et l’emploie et affiche depuis de nombreuses années la position qu’une consommation modérée est acceptable. 

L’OMS travaille depuis 2010 à la mise en œuvre de sa stratégie mondiale visant à réduire l’usage nocif de l’alcool, avec un plan d’action mondial contre l’alcool 2022-2030 qui est en gestation (le premier draft est paru en juillet 2021)[i].  Le gouvernement français devrait se pencher sur la suite du plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 qui vient bientôt à échéance.

En conséquence, au niveau international (OMS, Europe) et dans les cénacles administratifs français, il se prépare des solutions réglementaires qui visent à traiter l’alcool comme produits dangereux comme le tabac. Des préconisations sont proposées par les experts dont limiter son accès (lieu, plage horaire, …), réduire son attractivité en augmentant son prix (taxation par gramme d’alcool ou prix minimum) et en contrôlant mieux son accès aux mineurs et en réduisant sa disponibilité (plage horaire de vente et nombre de commerces ou de licences), d’augmenter les avertissements sanitaires ou encore d’interdire la publicité sur internet et dans l’espace public.

Quel est l’enjeu pour la société française ?

L’alcool est ancré dans la culture française. Il y a 5 millions de consommateurs quotidiens et il subsiste encore une certaine pression sociale à boire, car boire est socialement acceptable et de nombreuses occasions sont des prétextes à lever un verre (pot de départ, apéro, événements divers, ...). L’alcool est un enjeu majeur de santé publique.  Son utilisation augmente les risques sur la santé et son mésusage provoque des dégâts sociaux et économiques aux individus et à la société, il est le deuxième facteur déterminant de santé, de mortalité et de coût social, après le tabac.  La mortalité attribuable à l’alcool en France est de 41 000 décès par an[ii]. Il est la première cause de mortalité prématurée, la première cause de mortalité chez les 18-25 ans, la seconde cause de mortalité évitable (la première évitable étant le tabac). Il est l’un des premiers motifs d’hospitalisation[iii]. L'alcool est cité comme un facteur de risque de maladies cardiovasculaire et est identifié comme cause possible dans plus de deux cents troubles de santé différents, notamment les cancers, les cirrhoses du foie, les maladies cardiovasculaires, les maladies gastro intestinales, les troubles mentaux et comportementaux et les maladies transmissibles[iv].

Il cause également des blessures et traumatismes notamment à l’occasion de bagarres, de chutes, d’accidents de la route, de noyades ou de brûlures et il contribue à l’absentéisme au travail. En effet, l’alcool est présent dans 30% des condamnations pour violences, 40% des violences familiales, 30% des viols et agressions[v]

Aujourd’hui, en France la consommation est de 12,6 litres d’alcool pur par personne (plus de 15 ans) et par an, bien qu’elle diminue depuis la fin des années 50, essentiellement du fait d’une réduction de la consommation de vin. La France reste parmi les pays les plus consommateurs d’alcool au monde, se situant au sixième rang parmi les 34 pays de l’OCDE[vi].   Le problème n’est pas que français, il est européen. Selon l’OMS, l’Europe est la région avec le taux de consommation le plus élevé et affiche le nombre de mort causé par l’alcool le plus élevé (10% du nombre total dont 25% pour la catégorie 20 à 24 ans !)[vii].

Selon un rapport[viii] établi par l’OCDE financé par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) et la Délégation à la sécurité routière (DSR), rattachée au ministère de l’Intérieur, mettre fin à la consommation nocive d’alcool et ses conséquences, permettrait de réduire les dépenses de santé française d’environ € 2,8 milliards par an (1,7% du budget santé), de réduire l’absentéisme pour maladie, créant un gain économique de € 10 milliards suite à une plus grande participation au marché de l’emploi, mais également d’allonger d’environ un an, l’espérance de vie des Français en cours des 30 prochaines années.  L’enjeu est de taille.

Le déni de l’addiction

Malgré ce constat, La consommation d’alcool demeure encore socialement valorisée, et souvent, on doit encore se justifier de ne pas boire d‘alcool lors d’un apéritif ou d’un repas, bien que ses conséquences sur la santé soient connues.  Sa consommation est banalisée et associée à la convivialité et au plaisir. Il est présent dans la vie sociale et professionnelle. 

Cependant, son caractère addictif semble moins perçu que d’autres substances addictives. Selon un sondage Ligue contre le cancer / Opinion Way publié en juin 2018, plus de la moitié des Français (54%) n’ont pas le sentiment de prendre des risques en consommant de l’alcool, seulement 23% savent que l’alcool est le deuxième facteur de risque de cancer.

De plus, dans le débat, il est difficile de déterminer l’équilibre entre le respect des choix individuels et la protection de la santé.  L’industrie classiquement va mettre en avant son importance économique avec le nombre d’emploi dans la filières directe et indirecte mais aussi va mettre en avant l’importance sociale du produit et de sa consommation ; avec un axe culture et patrimoine très fort. L’industrie légitimise ses produits en l’association à des représentations sociétales fortes, comme la convivialité, la célébration d'événement ou encore au plaisir.  

La coopération publique-privé, notamment en matière de prévention, lui permet de démontrer qu’elle endosse ses responsabilités, même si les efforts ne sont pas déterminants et que le choix des actions vise à réduire les catégories à risques (ex : femme enceinte) ou à faire en sorte que les lois existantes déjà soit mieux appliquées. Les professionnels de la santé rejettent ces coopérations privé-publique, y voyant un conflit d’intérêt évident. Evidemment pour l’industrie, une politique de santé publique qui vise à réduire les risques passera inévitable par une réduction de la consommation.  Les associations de prévention au risque addictif n’hésitent pas à comparer le déni de l’industrie de l’alcool au déni de l’industrie du tabac sur la dangerosité de leurs produits.

Qui sont les acteurs clé de la confrontation ?

L’industrie du vin et des spiritueux est un secteur important de l'économie française. La France reste aujourd’hui le plus important producteur de vins et de spiritueux mondial.  Les vins et spiritueux français sont les 2èmes contributeurs à la balance commerciale française, avec €12,1 milliards en 2020, derrière l’aéronautique (€16,5 milliards) et devant les cosmétiques (€10,6 milliards)[ix].

La filière alcool est représentée par les filières françaises de la bière et des spiritueux, comptant plus de 2.300 entreprises qui soutiennent 230.000 emplois ainsi que par la filière vinicole qui comprend plus de 500.000 personnes. Les acteurs principaux qui représentent la filière sont : La fédération française des spiritueux (FFS), Vin et Société (Lobby du vin), les brasseurs de France, la fédération française des fins d’apéritif (FFVA), La fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) et L’association « Prévention et modération ».

La filière des alcooliers est également très proche du puissant lobby agricole, puisque l’origine de la matière première est la fermentation de végétaux cultivés. A cet égard, notons que lorsque Heineken fait une action de lobby en faveur d’une politique de prévention du risque alcool, il contacte des membres du cabinet du premier ministre, du ministère des affaires sociales et santé mais également, ceux du ministre de l’Agriculture[x]. Il est clair que le pouvoir des lobbies de l’alcool, notamment du vin, est perçu comme très puissant en France. On constate que régulièrement le monde politique penche souvent pour adoucir les mesures proposées par les administrations en charge de la santé publique, voire les déclarations de son ministre de tutelle[xi] ; notamment avec le soutien de l’Association nationale des Élus de la Vigne et du Vin (Anev). Ce club parlementaire français, créé en 1999, réunit de nombreux parlementaires issus de régions vinicoles (107), des collectivités territoriales et des élus locaux.

Du côté, des acteurs de la prévention et de l’addictologie, on retrouve principalement :

L’Association Addictions France (anciennement ANPAA) est une association loi 1901, fondée en 1872, reconnue d’utilité publique, véritable force de proposition pour une politique de santé en addictions. Elle vise toutes les conduites addictives liées à l’alcool, le tabac, le cannabis, la drogue ou encore le jeu.  Plus de 1600 personnes y travaillent ainsi que 900 bénévoles (budget annuel : €85 millions issus de la sécurité sociale et des pouvoirs publiques). Elle est souvent la chef de file des attaques informationnelles contre les alcooliers.

La fédération française d’addictologie (FFA) réunit la plupart des associations professionnelles intervenant dans les champs des addictions (alcoologie, tabacologie, interventions en toxicomanie)

La MILDECA, est un organisme français placée sous l'autorité du Premier ministre qui anime et coordonne les plans gouvernementaux et les actions de l'État en matière de lutte contre les drogues et les toxicomanie et veille à leur application.

Un observatoire sur les pratiques de l’industrie pour mettre en lumière ses actions

Les acteurs publics ou de prévention sont en position de faiblesse face au secteur des boissons alcoolisées, représentant beaucoup d’entreprises dont des acteurs globaux (AB InBev, Heineken,…) qui sont également connu pour être très présent auprès des institutions européennes et nationales[xii].

A travers un rapport annuel de l’observatoire sur les pratiques des lobbies de l’alcool, l’Association Addictions France (anciennement ANPAA) expose les stratégies, le discours et les actions d’influence des lobbies de l’industrie des vins et spiritueux. Ce rapport a été lancé en mars 2018 (1ère édition, 21 pages) et la dernière édition a été publiée en juin 2021 (4ème édition, 28 pages).   Un observatoire est un dispositif de production des savoirs très utile dans la guerre informationnelle, en donnant de la visibilité médiatique au sujet analysé.  L’objectif annoncé, ici, est de contrer l’industrie accusée de nuire aux actions et politiques de prévention en exposant leurs actions, en décryptant les éléments de langages et en contribuant à rétablir les faits scientifiques tel que vu par les professionnels de cette association. Les rapports de l’observatoire sur les pratiques des lobbies de l’alcool représentent donc une véritable mine d’or d’exemples de stratégies d’influence et de lobby d’une industrie.

Les méthodes d'orientation du débat

Il est intéressant d’analyser le discours et les actions de l’association Prévention et Modération[xiii], financé par l’industrie de l’alcool, qui oriente son action sur le risque alcool sur la consommation excessive d’alcool, sur les situations où le zéro-alcool est requis (femme enceinte, …) ou encore sur des actions qui aide à faire respecter le cadre réglementaire actuel (alcool au volant, alcool et mineurs). Bref, on oriente les efforts que sur des actions très ciblées.

L'INSERM dans son rapport de juin 2021 « Expertise collective Inserm. Réduction des dommages associés à la consommation d’alcool » constate que « des acteurs du lobbying en faveur de l’alcool mènent des campagnes de prévention et/ou de promotion de la consommation dite responsable » et contrarient la mise en place d’une réglementation efficace.

La consommation responsable est un axe majeur à long terme pour l’industrie qui d’ailleurs on fait souvent son cheval de bataille en termes de responsabilité sociale de l’entreprise (exemple : Pernod Ricard[xiv]). Dès 2012, cette stratégie sera déclinée au niveau mondial, avec une promotion du concept de consommation responsable au sein de l’industrie comme axe de défense de l’industrie avec comme objectif de s’engager à réduire la consommation nocive et inappropriée.

Promouvoir une consommation modérée est clé dans la stratégie de l’industrie. Seule une minorité de consommateurs sont des gros buveurs et ils sont eux-mêmes responsable de leur prise de risque. Ce n’est pas à la société ou au produit qu’il faut en vouloir ; c’est l’utilisation inapproprié du produit par certains consommateurs qui en est la cause.  Mais en réalité, la promotion de la consommation responsable sera l’occasion de mettre en avant le produit (comme par exemple le site https://food-et-vin.com/) qui propose de découvrir quel « foodista » vous êtes par rapport à des associations vins et plats. Encore une façon de parler du produit, plutôt que de faire des campagnes sanitaires pour la réduction de la consommation d’un produit.

A titre d’exemple, l’industrie des brasseurs s’associent avec des gouvernements, les ONG et les détaillants dans 76 pays pour célébrer la Journée mondiale de la bière avec modération (Global Beer Responsibility Day, GBRD). Établie en 2015 sur initiative de Anheuser-Busch InBev, de Carlsberg et d'Heineken, cette journée est  un effort mondial pour promouvoir la consommation de bière avec modération. On parle de modération et non d’excès ou d’abus, ce qui est positif. On parle de se modérer et non que le produit soit dangereux.  

A cet égard, la loi Evin en 1989 a rendu la mention « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé » obligatoire sur les publicités. Mais l’industrie a habilement ajouter une mention non obligatoire : « à consommer avec modération ! ». Le bon conseil qui permet d’éviter le message négatif, initialement souhaité par le législateur. Depuis à chaque mention d’un alcool à la télévision, chaque journaliste se sent dans l’obligation de reprendre le célèbre mais « à consommation avec modération ! ». Un cas vrai succès du slogan qui a constitué une belle parade au message de prévention « l’abus est dangereux ».

L’industrie oriente donc vers la réduction ciblée des excès de consommation pour les catégories les plus sensibles de la population (les jeunes, femmes enceintes, …) ou sur de nouveaux phénomènes comme le « binge drinking ».  Globalement, le concept de consommation responsable a encore de beaux jours devant lui. Qui est contre quelque chose de raisonnable, non ? 

Parmi les trois produits les plus diffusés (alcool, tabac, cannabis), l’alcool n’est considéré que comme très addictif que par 25% des Français, contre 38% pour le cannabis et 37% pour le tabac[xv]. Est-ce que le discours sur la modération aurait banalisé les risques de l’alcool ?

Ce n’est donc pas étonnant que la Cour des comptes en 2016 et en mai 2017 pour Santé publique France et l’Institut National du Cancer (INCa) recommandent aux pouvoirs publics de promouvoir des actions innovantes fondées sur un discours public plus lisible portant sur les risques et les dommages liés à la consommation d’alcool[xvi].

La question récurrente de la santé

Récemment, l’industrie a vu la publication de plusieurs rapports scientifiques dont le consensus sur la nocivité de leurs produits est à nouveau confirmé par des études internationales et concluent qu’il n'y a aucun niveau de consommation d'alcool sûr.  Dans le passé, il existait des études qui démontrent que les personnes qui consomment une quantité modérée d’alcool (moins de deux consommations par jour la plupart des jours) sont moins susceptibles de mourir d’une maladie cardiaque que celles qui n’en consomment pas. Par exemple, une analyse d’études antérieures (méta-analyse) publiée en 2002 dans la revue Circulation conclut que boire du vin ou de la bière modérément aurait un effet bénéfique sur la mortalité cardiovasculaire, tandis que l’abstinence ou l’excès de boisson s’avèrent nocives.  Ou encore, en 2004, deux ans plus tard, des chercheurs français[xvii] ont montré qu’une faible consommation de cette boisson améliore la pression artérielle et le taux de cholestérol, et peut réduire le risque de certains cancers. Plusieurs études ont démontré la proactivité de l’industrie de l’alcool à financer des études scientifiques.

Néanmoins, des études scientifiques récentes démontrent que même la consommation modérée n'apporte pas d'effet bénéfique en termes de mortalité.  Premièrement, une étude globale (195 pays durant la période 1990-2016) a été publiée le 24 août 2018 dans la revue médicale internationale The Lancet sur la charge mondiale de morbidité liée à l'alcool[xviii]. Les résultats de cette étude mettent en évidence la perte de santé quelle que soit la quantité d’alcool consommée.  Deuxièmement, en 2020, selon une étude globale du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et publiée par The Lancet Oncology, plus de 740.000 nouveaux cas de cancer ont été associés à la consommation d'alcool. Même la consommation d'alcool légère à modérée est dangereuse, quel que soit le volume consommé, et est responsable de 100.000 cas de nouveaux cancers dans le monde. De même, une consommation modérée d’alcool augmente le risque de cancer, également.   Pour finir, en France, l'INSERM a été sollicité par la Mildeca et le ministère de la Santé pour la réalisation d’un rapport, publié en juin 2021[xix] qui actualise les connaissances scientifiques sur l’alcool et ses effets sur la santé ainsi que les stratégies de prévention efficaces. Cette revue de la littérature va à l'encontre de l'idée que de faibles quantités d'alcool auraient un effet protecteur, à la suite de bénéfices cardiovasculaires. Ceux-ci seraient, en fait, annihilés par l’importance des risques cancers et des risques de blessures et maladies transmissibles causés par l’intoxication à l’alcool.

La difficile cohabitation entre la recherche de plaisir et le besoin d'être en bonne santé

Alors que le débat sur les faits scientifiques semble de plus en plus délicat, au vu des preuves qui s’accumulent, la contre-attaque de l’industrie ne pourra pas être frontale. Sur les aspects scientifiques, des budgets de recherche continueront de soutenir le débat scientifique pour que le doute reste dans la prise de décision. Est-ce que la réplique sera de tenter de discréditer ses contradicteurs par des techniques proche de la propagande ou du dénigrement ?

Dans cette hypothèse, on affublera l’adversaire d’étiquette pour que son image ou ses valeurs soient associés à ces étiquettes, par un maniement habile d’associations d’idées. Ce faisant, on porte la communication sur la représentation de l’adversaire et non sur la réflexion de celui-ci.

On commencera par identifier le camp adversaire comme le « lobby anti-alcool[xx] », le « lobby médical », « le camp des hygiénistes[xxi] » ou encore « les adversaires du vin » tel que ce fut déjà observé dans certains articles à l’occasion des débats autour de la loi Evin et de ses nombreux amendements.  Ces empêcheurs de tourner en rond seront dépeints comme des scientifiques déconnectés des enjeux culturels, sociaux et économiques, évaluant dans le monde idéal de la santé publique, des experts « en blouse blanche »[xxii] qui ennuient les français avec leurs exigences sanitaires.  L’industrie sera bien placée pour proclamer qu’une société hygiéniste n’est pas ce que la France souhaite ; le gouvernement n’est pas là pour contrôler la vie de nos concitoyens et réprimer le plaisir individuel au nom de l'intérêt général.  Certains diront que c’est une position individualiste et libérale où l’intérêt collectif passe en second plan, où l’on laisse au gens le soin de gérer le risque quel que soit leur niveau d’éducation ou de richesse et que l’on fait payer à la collectif le choix de l’individu et de son mode de vie. Dans la foulée, les associations de prévention ou de lutte contre l’alcoolisme ainsi les représentants publics en charge des questions sanitaires sont taxés d’être moralisateurs, de « prohibitionnistes »[xxiii] intolérants, ennemis des petits plaisirs de la vie, voire du patrimoine français.

Jean-Michel Noé
Auditeur de la 37ème promotion executive MSIE

 

 

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[ii] Bonaldi, C. & Hill, C. (2019), 'La mortalité attribuable à l'alcool en France en 2015', Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire.

[iii] Santé Publique France, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, juillet 2015

[iv] WHO. Citation: World Health Organization. (‎2018)‎. Global status report on alcohol and health 2018. World Health Organization. https://apps.who.int/iris/handle/10665/274603.

[v] Rizk C. (2012) L'emprise de l'alcool ou de la drogue sur les auteurs d'actes de violences, de menaces ou d'injures décrits par les personnes s'étant déclarées victimes lors des enquêtes « Cadre de vie et sécurité» de 2009 à 2012. Repères, INHESJ, n° 19 ; Bègue L. et al. (2008) Alcool et agression : consommations et représentations de la part des auteurs et des victimes d'agression [Programme VAMM 1 - Violence Alcool Multi Méthodes] : Etude évaluative sur les relations entre violence et alcool pour la Direction Générale de la Santé, cité dans le plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022

[vi] OMS, Global status report on alcohol and health, 2018, Appendix I, Alcohol Consumption

[vii] Regional technical consultation with Member States on the working document for development of the Action plan (2022–2030) to effectively implement the Global strategy to reduce the harmful use of alcohol as a public health priority. Virtual meeting, 25-26 March 2021. Meeting report. Copenhagen: WHO Regional Office for Europe; 2021

[viii] https://www.oecd.org/health/Mod%C3%A8le-international-simulation-politiques-consommation-nocive-alcool-France-Mai2021.pdf

[x] https://www.hatvp.fr/fiche-organisation/?organisation=328730759#&fiche=SQV7JSW3

[xi] https://www.nouvelobs.com/sante/20191120.OBS21362/le-gouvernement-cede-au-lobby-de-l-alcool-et-renonce-a-l-operation-du-dry-january.html

[xiii] https://www.preventionetmoderation.org/app/uploads/2021/05/Plan-de-pre%C4%9Bvention-FINAL-18052021.pdf

[xiv] https://assets.pernod-ricard.com/mediatheque/fichiers_a_telecharger/pages_promouvoir_la_consommation_responsable_4.pdf

[xv] Tovar M.-L., Le Nézet O., Bastianic T. (2013) Perceptions et opinions des Français sur les drogues. Tendances, OFDT, n° 88, 6 p.

[xvi] Cour des comptes, Les politiques de lutte contre les consommations nocives d'alcool, 2016; Santé publique France / Inca : Avis d’experts relatif à l'évolution du discours public en matière de consommation d'alcool en France, mai 2017.

[xvii] Serge Renaud et al. Alcohol and mortality from all causes. Biological Research 2004;37(2):183–7

[xviii] Alcohol use and burden for 195 countries and territories, 1990–2016: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016, Volume 392, Issue 10152, 22–28 September 2018, Pages 1015-1035

[xix] INSERM, expertise collective, Réduction des dommages associés à la consommation d'alcool juin 2021 https://www.inserm.fr/expertise-collective/reduction-dommages-associes-consommation-alcool

[xx] https://www.larvf.com/,vin-alcoologues-protester-publicite-alcool-amendement-loi-evin-sante-vins,4429675.asp

[xxi] https://www.larvf.com/,vins-consommation-loi-evin-alcool-lettre-ouverte-inpaa-association,4477829.asp

[xxii] https://www.larvf.com/,vins-primeur-offensive-sanitaire-gouvernement-loi-evin-la-revue-du-vin-de-france,13184,4360205.asp