L’échec du combat pour les droits de l’Homme dans l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar

Le Qatar accueille en novembre et décembre 2022 la prochaine Coupe du Monde de football, dans un contexte où les polémiques sont nombreuses. Des allégations de corruption de membres du comité exécutif de la FIFA (la fédération internationale de football) en lien avec la sélection du pays hôte, aux atteintes environnementales liées aux constructions d'infrastructures sportives climatisées en plein désert, à l'exploitation des travailleurs migrants impliqués dans la construction de ces infrastructures, de nombreuses voix se sont élevées pour condamner la tenue de l’événement.

La présente analyse porte sur la guerre informationnelle menée par Amnesty International sur le sujet de l'exploitation des travailleurs migrants au Qatar et des atteintes aux droits de l'Homme qui en résultent. Amnesty International est une organisation non gouvernementale (ONG) qui promeut la défense des droits de l'Homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Dans cette guerre informationnelle, l’ONG cible le Qatar, pays hôte de la future compétition qui profite directement de l'exploitation des travailleurs. Par effet rebond, Amnesty International cible également la FIFA, qui en tant qu’instance organisatrice de la compétition engage son image et dispose de leviers de pression sur le Qatar dans le contexte de l’organisation de cette Coupe du Monde. L'objectif visé par Amnesty International est celui d'améliorer durablement les conditions des travailleurs migrants au Qatar, et de faire cesser les pratiques d'exploitation et d’atteintes aux droits de l’Homme. Il est important de noter qu'Amnesty International ne mène pas une campagne en faveur d’un boycottage de la Coupe du Monde, mais cherche à utiliser la portée médiatique de l'évènement pour mieux dénoncer la situation.

Une stratégie de création de contenu polémique s'inscrivant dans la durée pour attaquer le Qatar

Depuis 2012, Amnesty International crée du contenu polémique en documentant des cas d'exploitation de travailleurs migrants au Qatar dans des rapports d'analyse diffusés publiquement.

La méthodologie de documentation repose sur une collecte d'informations issues de sources multiples incluant notamment des visites sur sites au Qatar (chantiers, centre d'accueil de travailleurs, etc.), des entretiens (avec des travailleurs migrants, des officiels, ou des parties prenantes), et des recherches en sources ouvertes (travaux journalistiques ou travaux de recherche de tiers, comme des ONG par exemple, décrets officiels, etc.). Afin de disposer de preuves étayées, Amnesty International s'attache à contrevérifier les faits exposés, avec croisement des informations et recherche de contradictoire, notamment en confrontant directement les parties prenantes impliquées pour susciter une réponse officielle (notamment des autorités qataries et de la FIFA). Pour appuyer l'irréfutabilité des faits, certains rapports d'analyse sont diffusés après une période d'embargo médiatique : ceci offre l'opportunité aux parties prenantes ciblées de construire une réponse structurée et d'apporter des éléments de démenti en amont de la publication du rapport. C'est par exemple le cas pour deux rapports conséquents : "Qatar: The dark side of migration: Spotlight on Qatar’s construction sector ahead of the World Cup" publié en 2013 et "The Ugly Side of the Beautiful Game: Exploitation of migrant workers on a Qatar 2022 World Cup site" en 2016, pour lesquels les parties ciblées (entreprises de construction privées, autorités qataries, FIFA), ont apporté une réponse publiée en annexe des rapports. Les rapports d’Amnesty International documentent des cas d'exploitation de travailleurs et proposent des recommandations applicables pour que cessent les atteintes dénoncées. Lorsque cela n’est pas de nature à nuire aux victimes d’exploitation, Amnesty International identifie nommément les parties prenantes responsables de cas d’exploitation pour augmenter la pression médiatique sur celles-ci (selon la pratique du name and shame). La publication de ces contenus au format rapport d'analyse s'inscrit dans la durée, avec au moins une production par an entre 2013 et 2022 (à l'exception de l'année 2017).

Cette stratégie de création de contenus polémiques est soutenue par des communications plus régulières au format "communiqué de presse", permettant à Amnesty International de maintenir une forme de pression médiatique. Ces communiqués sont plus succincts sur la forme et capitalisent sur des travaux de recherche et publications antérieurs pour appuyer un message sans le développer de façon approfondie. Ces publications s'inscrivent souvent dans l'élan d'évènements d'actualité impliquant des acteurs de la polémique, afin de créer un éclairage médiatique, ou bénéficier de celui-ci. Par exemple, Amnesty International publie en mars 2017 le communiqué intitulé "L’agence de l’ONU doit maintenir la pression sur le Qatar, car sa réforme sur le travail des migrants n’est pas à la hauteur" quatre jours avant l'examen d'un projet de décision par l’Organisation Internationale du Travail (l’agence de l’ONU) portant sur l’arbitrage d’une plainte de syndicats de travailleurs contre le Qatar et concernant les conditions de travail des migrants ; ou en août 2017, une semaine après la ratification par le Qatar de lois visant à mieux encadrer le droits des travailleurs, Amnesty International publie le communiqué "Qatar: Two new laws on migrant workers signal degree of progress but major gaps remain" pour dénoncer que les nouvelles lois promulguées ne permettent pas de solutionner les causes premières des abus d'exploitation des travailleurs.  

Des pétitions à l'initiative d'Amnesty International ont également été utilisées comme moyen pour renforcer la pression sur la FIFA et le Qatar (comme par exemple en 2016 en appelant les instances dirigeantes de la FIFA et du gouvernement qatari à œuvrer pour la protection des travailleurs impliqués dans la construction de la Coupe du Monde 2022, ou en 2022 pour appeler la FIFA à indemniser les victimes d’exploitations).

Une diplomatie par le sport établie sur le long terme comme premier rempart aux attaques informationnelles

Le sport s'inscrit avec constance et depuis de nombreuses années dans la stratégie de développement du soft power qatari, au travers de la mise en œuvre d'une réelle diplomatie par le sport visant à asseoir la notoriété du Qatar dans le monde. L'organisation de la Coupe du Monde de football 2022 s'inscrit dans la continuité du développement de cette stratégie.

Cette diplomatie par le sport menée sur le long terme, soutenue par d'importants moyens financiers, a permis de positionner le Qatar comme un acteur incontournable du paysage sportif mondial, et aujourd'hui de le rétribuer d'une légitimité sportive auprès du grand public. Ce statut constitue une première digue aux attaques sur la légitimité du Qatar à organiser une Coupe du Monde. L’emprise du Qatar sur le sport mondial s'est notamment exprimée au travers de :

. L’existence d’un empire médiatique qatari, basé sur la diffusion d'évènements sportifs majeurs en langue anglaise, française, et espagnoles (via notamment le media BeIN Sports, partie prenante dans la diffusion de grandes compétitions internationales, ou compétitions nationales disposant d'un potentiel de rayonnement à l'international tels que les championnats de football anglais, italien, français, espagnol, etc.).

. La sponsorisation d'évènements sportifs, en usant notamment des mécanismes de naming qui permettent de donner de la visibilité à la marque "Qatar", comme avec la course hippique du Qatar-Prix de l’Arc de Triomphe (depuis 2008), ou de clubs sportifs par exemple via Qatar Airways (dont la société mère est le gouvernement du Qatar), sponsor qui figure par exemple sur le maillot officiel du club de football du Paris-Saint-Germain en 2022.

. La prise de contrôle de clubs sportifs de haut-niveau tels que l'espagnol Malaga Club de Fútbol en 2010 (dont le Sheikh Abdullah Al Thani, membre de la famille royale qatarie, est devenu propriétaire), ou le Paris-Saint-Germain Football Club en 2011 puis le Paris-Saint-Germain Handball en 2012 (par le biais du rachat par le fonds d'investissement souverain qatari Qatar Investment Authority).

. L’organisation d'évènements sportifs internationaux comme la coupe d'Asie des nations de football en 2011, le championnat du monde de handball en 2015, ou encore d'athlétisme en 2019.

Pour renforcer positivement son image auprès du grand public, le Qatar achète également le concours d'ambassadeurs de renommée mondiale qui prêtent leur image à celle du Qatar, et contribuent à occuper un espace médiatique non polémique, tout en relayant un narratif qatari positif, par exemple, les footballeurs stars Zinedine Zidane, ou David Beckham.

Un affichage "droit de l'hommiste" du Qatar et une stratégie de communication visant à masquer la réalité en réponse directe aux attaques informationnelles

Face aux attaques informationnelles telles que celles d'Amnesty International, susceptibles d’entacher son image et d’impacter son soft power, le Qatar a adopté une stratégie de réponse systématique, dans laquelle il affiche sans discontinuer une attitude concernée et investie sur le sujet des droits de l'Homme, pour lequel il clame mener une politique d'amélioration engagée. Les réponses qataries s'inscrivent ainsi dans une logique de communication institutionnelle visant à protéger l'image du Qatar.

Dans une première séquence, entre 2010 (date de la sélection du Qatar comme pays hôte de la Coupe du Monde) et 2017, le Qatar a cherché à démontrer que les attaques à son encontre étaient en partie illégitimes. Pour soutenir et crédibiliser cette posture, le Qatar a mis en œuvre des actions très localisées allant effectivement dans le sens de l'amélioration des conditions des travailleurs mais ne bénéficiant qu'à une très faible minorité, et servant une propagande qatarie de diffusion d'un contre-narratif aux attaques informationnelles. Pour illustration, en février 2014 le Qatar publie le standard de protection des travailleurs "Workers' Welfare Standard", qui apporte un cadre reconnu pour une meilleure protection des travailleurs. Cependant, d'après Amnesty International dans ses analyses rétrospectives, seule une population d’au plus 2% des travailleurs a été concernée par ce standard. De fait, une très faible population voit une amélioration de son cadre de travail, et sert d'instrument de la communication officielle qatarie. Pour diffuser au-delà du strict cadre des institutions internationales ce contre-narratif dans lequel le Qatar œuvre à une amélioration des conditions des travailleurs, le Qatar a organisé des opérations de communication en invitant des médias étrangers à visiter des centres d'accueil vitrines pour travailleurs migrants. Ces centres d’accueil vitrines comprennent des logements neufs, des espaces de détente (salles de sport, terrains de foot, piscine, etc.), loin de la réalité dénoncée par Amnesty International ou d’autres investigations journalistiques indépendantes. Les médias invités ne sont pas autorisés à sortir du circuit de visites officiel défini et s'exposent à des sanctions lorsqu'ils le font, notamment incarcération temporaire et suppression des photos et vidéos polémiques. Bien que cette manipulation puisse paraître grossière et in fine desservir l’opération de communication du Qatar, ce narratif qatari a été repris par certains médias grands publics sans réelle démarche critique (tel que le média britannique Sky Sports, dans un documentaire consacré).

La défausse des responsabilités sur les entreprises privées

En réponse spécifiquement aux faits accusatoires documentés par Amnesty International, le Qatar rejette lorsque c'est possible la responsabilité des faits sur des acteurs tiers (par exemple les entreprises privées qui emploient les travailleurs exploités sans respecter les législations qataries). De plus, le Qatar tente d'exploiter les failles dans les travaux documentés pour minimiser des constats ou se dédouaner. Par exemple, en induisant un délai de huit mois entre la découverte des faits et la transmission de l'information aux autorités qataries, le Qatar accuse Amnesty International d'avoir contribué à un enlisement de la situation, ou, en reprochant à l'ONG d'avoir adopté une vue partiale en ne documentant pas les dispositions prises par le Qatar pour améliorer les conditions des travailleurs.

A partir de 2017, le Qatar légifère des mesures d’affichage (ne donnant pas lieu à des effets concrets sur le terrain) en faveur de la protection des travailleurs, lui permettant de continuer à relayer un narratif positif sur son engagement en faveur des droits de l’Homme. L’initiation de ces réformes est liée à une intensification de la pression internationale sur le Qatar, suite notamment à une plainte déposée en 2014 par des syndicats de l'Organisation Internationale du Travail contre le Qatar. Le gouvernement qatari s’est retrouvé contraint de ratifier des engagements avec l'Organisation Internationale du Travail pour obtenir en novembre 2017 un classement sans suite de la plainte, sur la base des engagements formulés par le Qatar, et malgré les prescriptions contraires d'Amnesty International. Le Qatar, en application de ces engagements, a alors initié des réformes légales en apparence structurantes. Cependant, Amnesty International a dénoncé en 2021 l'absence de changement observé sur le terrain en raison du manque de contrôle des autorités qataries (les entreprises n’appliquent pas les mesures les plus contraignantes de la loi) et de disposition légales insuffisamment contraignantes (telle que le coût du salaire minimum, bien trop bas relativement au coût de la vie au Qatar). Ainsi, ces réformes législatives servent la dimension relation publique du Qatar, en communiquant positivement sur les actions réalisées, sans améliorer concrètement les conditions des travailleurs. Ce narratif qatari est largement relayé par la FIFA qui capitalise dessus pour redorer l’image de son institution impactée par les polémiques concernant cette Coupe du Monde.

L'échec de la guerre informationnelle menée contre le Qatar

Le rapport d'Amnesty International publié en mai 2022 intitulé "Qatar: Prévisibles et évitables: Pourquoi la FIFA et le Qatar doivent octroyer des réparations pour les atteintes et les violations commises durant les préparatifs de la Coupe du Monde 2022" documente la poursuite de l'exploitation des travailleurs migrants au Qatar à quelques mois du début de la Coupe du Monde, et sonne l'échec de la guerre de l’information par le contenu menée par Amnesty International et ses pairs. Comme illustration de cet échec, le journal britannique le Gardian évoque en février 2021 plus de 6 500 travailleurs migrants morts au Qatar depuis 2010 dans l’entreprise de construction des infrastructures, contre seulement 3 reconnus officiellement par le Qatar. Amnesty International semble maintenant réorienter son combat vers l’indemnisation des familles des victimes, tel un aveu d'échec. L'échec de cette guerre informationnelle peut être analysé sous l'angle de plusieurs facteurs.

L'emprise financière qatarie a contribué à verrouiller la capacité de parties prenantes de la polémique à s’opposer publiquement au Qatar. Source de conflit d’intérêt, cette emprise financière a engendré une emprise politique du Qatar sur des institutions légitimes à se positionner sur le sujet. L'emprise financière comprend d’une part les financements du monde du sport au sens large : sponsoring, droits de diffusion télévisée, etc. Ceux-ci constituent une manne financière importante pour les professionnels du sport, incluant les clubs de sport dont les représentants siègent dans les instances sportives internationales telle que la FIFA. Un retrait des financements qataris constituerait une perte de revenus, et à ce titre, il n'est pas dans l'intérêt des représentants concernés d'entretenir des relations conflictuelles avec le Qatar. Ainsi, l'antenne française d'Amnesty International dénonce par exemple l'absence de prise de position de la Fédération Française de Football  (et de son président, qui dispose d’un siège au comité exécutif de la FIFA) sur le sujet polémique, dans un contexte où l’influence du Qatar sur le football français est forte. L'emprise financière qatarie s’illustre également au travers du financement d'instances internationales directement impliquées dans la polémique. Par exemple, le Qatar aurait financé l'Organisation Internationale du Travail et son programme de coopération technique, dont l’objet était d’apporter une réponse concrète aux problématiques d’atteintes aux droits des travailleurs. Ce financement s’inscrit dans le contexte où le Qatar était accusé d'une plainte arbitrée par la même Organisation Internationale du Travail, posant légitimement la question d’un conflit d'intérêt.

De plus, en marge des actions de financement publiquement assumées ou assumables, s’inscrivant dans un cadre légal, il n’est pas à exclure que le Qatar ait mené des actions discrètes et illégales pour assoir son emprise globale, à l’image de la corruption de membres du comité exécutif de la FIFA pour acheter leur soutien, ou du possible financement d’opération d’espionnage contre un opposant politique médiatiquement embarrassant.

La prédominance de l'enjeu économique sportif sur la réalité humanitaire

Au-delà de l’emprise qatarie sur les institutions, la popularité mondiale de la Coupe du Monde de football, son caractère apolitique et consensuel tel que porté par la FIFA, induisent une logique de prédominance du sportif sur le politique dans l’espace informationnel, constituant par nature un terrain propice au sportswashing et une limite à l'approche de guerre de l'information par le contenu. Historiquement, il a déjà été constaté que le focus médiatique s'orientait en première intention sur les aspects sportifs de l’évènement, au détriment des sujets polémiques. Par exemple, lors de la Coupe du Monde de football 2018 en Russie, dans le contexte de tensions internationales avec le pays hôte (au regard de son implication dans la déstabilisation de l'Ukraine, dans la guerre en Syrie, de l'empoissonnement suspecté d’un ex-agent russe en Angleterre, etc.), ou lors de la Coupe du Monde de football 1978 en Argentine alors gouvernée par une dictature militaire accusée d'exactions et contestée à l'international : dans ces deux Coupes du Monde polémiques, les sujets extra-sportifs ne se sont pas imposés suffisamment dans le débat médiatique pour remettre en cause l'évènement sportif, sur lequel les pays en question capitaliseront à des fins de réhabilitation sur la scène internationale. Le cas de la Coupe du Monde au Qatar s'inscrit dans la continuité de cette dynamique.

La "prudence" militante de l'ONG Amnesty International

Enfin, la stratégie d'Amnesty International de ne pas appeler à un boycottage de la compétition a implicitement légitimé la tenue de l’évènement au Qatar, contribuant à amenuiser l'impact du message polémique, et sa portée mobilisatrice. Une stratégie de sportswashing telle qu’elle est recherchée par le Qatar repose en effet sur une implication massive des fans : en suivant médiatiquement l’évènement, ils contribuent à mettre en valeur les sponsors et justifient les financements associés ; en se rendant dans les stades, ils contribuent à l’économie locale et la promulgation du tourisme. Un boycottage constitue ainsi une des plus grandes menaces face aux objectifs recherchés en termes d’image et en termes économiques. Appeler au boycottage de l’évènement aurait pu être un moyen d’augmenter la pression sur le Qatar : même si l’ambition d’Amnesty International n’était pas in fine une annulation ou une relocalisation de la Coupe du Monde, afficher que c’est l’objectif recherché aurait peut-être pu permettre d’atteindre des résultats plus probants, dans une logique de "demander plus, pour obtenir un moins satisfaisant". Par ailleurs, en ayant pour objectif affiché l’amélioration de la condition de travailleurs migrants exploités, le message porté par Amnesty International reste philosophiquement éloigné du terrain footballistique : il va naturellement avoir plus de résonnance auprès de sympathisants de la cause des droits de l’Homme, que des fans de football. Il semble légitime de penser qu’en amenant le boycottage au premier plan du message, les fans de football auraient été plus exposés au sujet polémique puisqu’en conflit direct avec leur centre d’intérêt. L’appel au boycottage aurait pu avoir pour conséquence de forcer une adhésion morale et éthique de fans de football à la cause d’Amnesty International, en assumant une approche manichéenne clivante : projeter de regarder les matchs, dans les stades ou à la télévision, constitue une contribution individuelle à l’exploitation des travailleurs migrants, et aux milliers de morts qui en ont résulté.

Pierre Valettari
Auditeur en MSIE - Executive MBA en Management Stratégique et Intelligence Economique

 

Annexes 

Voir le PDF : Annexes.pdf (ege.fr)