L'influence des réseaux Soros en Europe de l'ouest : la stratégie de la pieuvre

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Les réseaux du milliardaire américain Georges Soros ont déjà fait couler beaucoup d’encre. Alors que celui-ci semble réduire sa présence et son influence en l’Europe de l’Ouest à l’heure actuelle pour la réinvestir ailleurs, retour sur un modèle de stratégie d’influence multidimensionnelle à un échelon régional dont l’efficacité a fait ses preuves.

Façonnage des élites, financement d’ONG et lobbying, trois outils complémentaires pour façonner le paysage institutionnel européen

Pour diffuser des idées au sein de la population d’un pays voire d’un continent, quoi de mieux que de commencer avec une université dotée de ses chercheurs, ses centres de recherche, ses productions et publications régulières et visibles et, surtout, ses générations d’étudiants et futurs diplômés prêts à conquérir les marchés des secteurs visés et les postes clés ? Cette stratégie présente l’intérêt de pouvoir créer une élite formatée à l’image que l’on choisit et qui constituera ensuite un réseau et s’auto-renforcera dans ses convictions…  

Dans cette optique, Georges Soros a créé l’université d’Europe centrale à Budapest. Celle-ci, inquiétée un temps par le Président Orban et qui avait déménagé ses locaux à Vienne, a pu ensuite s’y réinstaller grâce aux institutions européennes venues à la rescousse de l’établissement. Elle peut ainsi, grâce à l’intervention des institutions européennes, diffuser paisiblement mais efficacement ses valeurs via ses diplômés qui influenceront à leur tour leur entourage personnel et professionnel et pourront être à l’initiative de projets concrets ou même de lois selon les postes occupés.

« La philanthropie selon Soros n’a rien d’une charité, c’est un investissement stratégique dont le rendement se mesure en influence »

« L’argent n’arrive jamais au hasard ; il épouse des causes, installe des réseaux et instigue des batailles judiciaires capables de fissurer les digues républicaines »

Une autre stratégie se révélera également diablement efficace et sera d’ailleurs la plus connue, celle du financement d’associations ou d’organisations non gouvernementales (ONG), devenues porte-voix moral et respectable de leur financer dans des domaines aussi variés que la protection des minorités, la dénonciation du racisme ou des tendances autoritaires des Etats, la lutte contre la corruption ou la protection de l’environnement. Comme le dit Pierre Christen dans un article pour la revue Frontières, « La philanthropie selon Soros n’a rien d’une charité, c’est un investissement stratégique dont le rendement se mesure en influence (…). L’argent n’arrive jamais au hasard ; il épouse des causes, installe des réseaux et instigue des batailles judiciaires capables de fissurer les digues républicaines ». Ainsi, des ONG ayant pignon sur rue telles que Transparency International ou Amnesty International se verront largement financées par le réseau, celui-ci disposant ainsi de relais d’influence potentiels à haute visibilité et à fort impact politique ou médiatique potentiel.

Ensuite, les stratégies d’influence et de lobbying classique de ces ONG permettent d’influer sur les débats, de préparer les projets de lois etc et donc de faire évoluer les normes, à l’instar des industriels également très présents au sein des institutions bruxelloises. Or, la transparence de ces pratiques se montre parfois largement perfectible. Un rapport sur l’influence des ONG dans le processus législatif européen de Thibault Kerlirzin publié en janvier 2022 précise ainsi que « les organisations qui obtiennent le plus de rendez-vous avec des membres de la Commission, et ce sur plusieurs portefeuilles, sont des bénéficiaires directs de subventions de l’Open Society Foundations, une approche que ne prend pas en compte le registre de transparence de la Commission européenne ». Des structures aussi solidement implantées au sein des institutions européennes sont alors parfaitement placées pour influer sur le processus législatif européen.

Le façonnage des normes via le placement de magistrats dans des institutions clés puis par le contentieux stratégique : le combo gagnant

    « L’Europe, docile eldorado du vieux rêve mondialiste de Georges Soros »

Le 21 août 2025, un article du Figaro titrait « L’Europe, docile eldorado du vieux rêve mondialiste de Georges Soros », soulignant ainsi la porosité des thèses du milliardaire philanthrope au sein du Vieux continent, globalement favorable à son idéal « d’une société libérale, post-nationale et multiculturelle » où il défend « l’accueil inconditionnel des réfugiés et le communautarisme musulman ». Vieux continent qu’il a d’ailleurs quitté très tôt au profit du Nouveau Monde, dont les frontières, les identités et les intérêts nationaux sont défendus beaucoup plus solidement…

Quoiqu’il en soit, l’Europe reste en effet un espace vu comme un idéal de liberté pour certains mais aussi comme un espace de vulnérabilités voire de décadence pour d’autres, dans tous les cas en constante évolution et très fortement normé. En effet, le droit européen tient une place toute particulière, ayant autorité sur la plupart des normes nationales même si le niveau constitutionnel reste encore jalousement gardé par les Etats. Ainsi, les acteurs qui peuvent infiltrer le tissu normatif des institutions européennes sont certains de pouvoir l’influencer en profondeur.

La pieuvre Soros avec ses multiples tentacules a donc choisi très tôt d’utiliser cette configuration pour placer ses pions à des postes clés dans les institutions législatives européennes. Ainsi, au sein de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, en particulier, de nombreux magistrats s’avèrent être en réalité d’anciens militants d’ONG soutenues et financées par l’Open Society Foundations ou d’autres structures de la galaxie Soros. Ainsi, un rapport de l’European Centre for Law and Justice publié en février 2020 précise que « l’examen systématique des 185 affaires publiées dans lesquelles les 7 ONG ont agi depuis 2009 fait apparaître que dans 88 cas, des juges ont statué alors qu’ils avaient des liens avec une ONG impliquée visiblement ». Le document ajoute « il apparaît que 18 des 22 juges cités précédemment ont siégé dans des affaires impliquant l’ONG avec laquelle ils avaient collaboré ».

Une telle situation pose question quand l’on recherche une certaine neutralité et impartialité pour des postes clés comme ceux de magistrats censés représenter l’intérêt général et non pas l’opinion de certaines ONG. Par ailleurs, le risque de biais cognitifs et notamment du biais de conformité peut apparaître dans le cas d’une homogénéisation des profils, sans parler du risque de dérives telles que celui de partialité et d’orientation idéologique volontaire, que souligne également ce rapport : « la CEDH a déjà largement adopté le système de valeurs de ces ONG, de sorte que, dans une certaine mesure, on ne peut plus voir de conflit d’intérêts entre organisations ayant largement les mêmes intérêts. Ce n’est que lorsque le juge n’est pas conforme à ces valeurs dominantes que son profil choque ».

Le document illustre ensuite ce risque au travers d’un cas avec une juge espagnole catholique dont le profil déteignait par rapport à celui de ses collègues, ce qui semble avoir provoqué son rejet puis son départ : « Ainsi s’explique le scandale provoqué à l’occasion de l’élection d’une juge espagnole en raison de ses convictions religieuses catholiques. Celles-ci lui furent reprochées par divers mouvements progressistes et libéraux, comme incompatibles avec la fonction de juge, au point que le groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen demanda publiquement l’annulation de son élection. »  Une ouverture variable donc, selon le profil des magistrats d’une institution qui se veut pourtant officiellement garante des droits fondamentaux et de la diversité…

« Last but not least », le dernier tentacule de cette stratégie multicarte vient compléter le dispositif à la perfection. Il s’agit des « contentieux orientés » ou « contentieux stratégiques », c’est à dire des procès permettant de modifier et d’orienter la législation dans un domaine particulier. Ainsi, les ONG dénoncent des situations qu’elles accusent d’injustice, de violer certains droits fondamentaux etc. puis elles intentent un procès à leur cible et se portent partie à celui-ci. La fin n’est pas toujours à leur avantage mais quand elle l’est, elle crée généralement un précédent qui va orienter la loi dans le sens auparavant choisi et marque les esprits de manière pérenne.  

Un article de Pierre Christen pour le magasine Frontières Juillet - Septembre 2025 met en lumière plusieurs cas français d’application de cette stratégie très concrète. Ainsi, l’affaire du burkini verra le soutien des associations « pro-voile » par la galaxie du milliardaire et se terminera en Conseil d’Etat par une légitimation du « droit au voile » dans le sport. Ce scénario d’ « activisme par contentieux » se retrouvera également avec l’association Action Droit des Musulmans, toujours soutenue par la pieuvre sorosienne, qui attaquera l’interdiction de l’abaya au lycée, « espérant transformer une circulaire ministérielle en débat constitutionnel ».

« repérer les colères, « former » des leaders et provoquer le choc médiatique »

La stratégie est simple : repérer une situation de tension et ses protagonistes, se rapprocher de ceux qui sont susceptibles d’aller dans le sens des minorités puis les soutenir financièrement voire les former et provoquer un coup médiatique. L’ONG Alliance citoyenne résume d’ailleurs cette stratégie en quelques mots : « repérer les colères, « former » des leaders et provoquer le choc médiatique ». Une méthode d’ailleurs qui n’est pas sans rappeler celle de l’organisation Otpor en Europe de l’Est, particulièrement active dans les Révolutions de couleur…

Enfin cette stratégie du « coup médiatique » et du « procès stratégique » connait une application très concrète avec la pratique du « name and shame », illustrée par Idriss Aberkane dans un article de la revue Omerta de Septembre - Novembre 2024 : « les liens sont connus entre Georges Soros et le sulfureux Institute for Strategic Dialogue londonien (…) qui pratique le name and shame en produisant des fiches sur certaines figures mondiales, dont Didier Raoult et le professeur Perronne, pour ne citer qu’eux ».

Ces stratégies agressives, couplées à un agenda mondialiste anti-national particulièrement prononcé expliquent peut-être l’hostilité que manifestent un nombre croissant de pays à l’égard de cette pieuvre, telles que la Hongrie, la Turquie, le Pakistan, la Russie, comme le rappelle également Idriss Aberkane. Reste à voir comment réagira l’actuel président américain à l’égard du réseau progressiste, lui qui affiche un apparent souhait de défendre l’intérêt national américain…

Jean-Victor NAPPEY
Auditeur de la 50ème promotion MSIE MBA Exec Management Stratégique et Intelligence Economique

BIBLIOGRAPHIE :

ABERKANE Idriss, Soros, le philanthrope qui hait l’humanité, Omerta numéro 6, Septembre - Novembre 2024 ;
CHRISTEN Pierre, Les Réseaux français, Frontières numéro 8, Juillet - Septembre 2025
European Center for Law and Justice, Les ONG et les juges de la CEDH,
KERLIRZIN Thibault, L’influence des ONG dans le processus législatif européen,
SUGY Paul, L’Europe, docile eldorado du vieux rêve mondialiste de Georges Soros